Aviator (2004)

Aviator

Synopsis : The Aviator est la biographie du milliardaire américain Howard Hugues. Couvrant près de 20 vingt ans de sa vie, le film nous fait découvrir cet industriel partagé entre son amour du cinéma, il sera l'un des nabab des grands studio aux multiples aventures sentimentales avec les plus belles femmes d'Hollywood, et sa passion de l'aviation. Pilote émérite et casse-cou, il deviendra l'un des leader de l'industrie aéronautique.
Le portrait d'un mythe de l'Amérique des années 30 à 50.

Aviator

Critiques analytiques :

Aviator

Q-U-A-R-A-N-T-I-N-E, Quarantine (Quarantaine en français), le jeune garçon debout dans une bassine face à sa maman qui le lave délicatement épelle ces lettres avec application et répète ce mot qui lui signifie qu'il ne sera en sécurité qu'à l'écart des autres. Le film de Scorsese est-il en quarantaine de l’œuvre du cinéaste toute entière ? Peut-être à première vue, puisque rarement un film n'a aussi peu ressemblé à son réalisateur. Surtout lorsqu'il s'agit de l'oeuvre d'un des maîtres du cinéma qui a su au fil des ans et des films affirmer un style si personnel et si rapidement identifiable, à tel point que rarement un cinéaste n'a été à ce point aussi imité. The Aviator n'est donc pas un film typiquement scorsesien de toute évidence.
Scorsese a tout au long de sa carrière innové, inventé, révolutionné le cinéma mondial avec des films qui, les uns derrière les autres, récoltaient les louanges de la critique internationale, tandis que ces mêmes films recevaient de la part du public un accueil poli mais discret. A soixante ans passés, le réalisateur américain, qui n’a plus rien à prouver en tant qu’artiste, veut enfin devenir populaire. On connaît la passion qu’il porte pour l’âge d’or hollywoodien, du temps où les Hawks, Ford, remplissaient les salles avec de purs produits hollywoodiens qui s’avéraient être en plus de grands films.
The Aviator est-il donc un grand film ? Oui, selon moi, car contrairement à Gangs of New York, Scorsese a su magnifiquement déjouer les pièges du film à grand spectacle pour nous offrir le portrait étonnant d'un des personnages les plus singuliers du siècle achevé.
Howard Hugues était, selon ses propres termes, un playboy, un excentrique, un obstiné. Mais Scorsese nous le fait découvrir également, sourd, maniaque, parano voire totalement barjot. Le projet a été proposé par Leonardo DiCaprio lui-même qui rêvait d'incarner ce personnage si fascinant pour un acteur. Force est de reconnaître que le travail du comédien est tout simplement sidérant. Alors que dans Gangs of New York, le jeune acteur souffrait de la comparaison avec Daniel Day Lewis au point de ne plus exister à ses côtés, ici il porte littéralement le film entier sur ses épaules et ce sont à ses partenaires, tous remarquables, de devoir s'accrocher (mention toute spéciale à Cate Blanchett, de plus en plus sublime film après film, et qui incarne ici avec bonheur Katharine Hepburn. Et mon dieu, quelle voix !!!). Si je ne peux toujours pas me faire à l'idée que Leo peut remplacer De Niro, comme alter ego du réalisateur, je dois reconnaître que dans plusieurs de ces films, il a prouvé qu'il était l'un des acteurs les plus talentueux de sa génération, lequel talent approche parfois le génie.
Revenons au film. Après la courte scène d'ouverture du jeune Hugues, nous passons à l'hommage de Scorsese envers le Hugues réalisateur qui mettra trois longues années à faire le premier de ses deux films Hell's Angels, à la gloire des aviateurs héros de la première guerre mondiale. Le cinéaste s'en donne à cœur joie et démontre, s'il en était encore besoin, sa passion pour l'histoire du cinéma. Les scènes de tournage en plein vol sont époustouflantes avec notre jeune Howard se démenant tant bien que mal, caméra au point, au coeur d'une authentique bataille aérienne. C'est lors de la Première du film que Scorsese aura l'occasion de nous offrir une scène dont il a le secret. Le tapis rouge constellé des tessons des flashes des photographes, le rythme infernal assourdissants des éclairs des appareils photo, on se croirait revenu lors de la scène d'ouverture de Raging Bull (un autre projet proposé par son acteur principal, DeNiro).
Puis l'aviation... Scorsese n'a pas besoin d'aimer ce qu'il montre pour nous offrir de grands moments de cinéma. Il déteste la boxe et pourtant il nous a offert LE film ultime en la matière. Il n'aime pas l'aviation et pourtant il rend un hommage vibrant à l'un de ses plus grands fanatiques. L'aviation donc, avec une suite de scènes formidables avec en point d'orgue, l'extraordinaire séquence de l'accident qui manquera de coûter la vie au millionnaire. Puis la folie... présente tout au long du film, elle prend une dimension tragique lorsque Hugues restera cloîtré dans sa salle de projection personnelle, nue et hirsute, à regarder tantôt l’écran où sont projetées ses productions, tantôt les bouteilles de lait (sa boisson favorite) qui se dressent en rang face à lui. C’est dans ces instants de solitude du héros que l’œuvre prend toute sa dimension. Et puisque tant bien que mal, on recherche dans le film tout se qui pourrait être du Scorsese dans le texte (‘’peine perdue puisqu’il s’agit d’un film de commande’’, prétexteront les esprits chagrins), comment oublier les quatre scènes ou Hugues se réfugie dans des toilettes publiques afin d’ôter de ses mains toutes les traces de contact avec ses concitoyens. Dans l’une d’elles il frotte tellement ses mains sous l’eau que le sang jaillit d’un blessure, référence évidente avec The big shave, premier court-métrage du réalisateur. Et lorsqu’il se retrouve en toute fin du film, devant le miroir, seul face à lui-même, répétant obsessionnellement ‘’the way of the future’’, c’est une nouvelle fois à Raging Bull que l’on pense quand le boxeur déchu dans sa cellule se frappe le crâne contre le mur. Enfin ultime référence, les grandes scènes de fêtes somptueuses m’ont fait penser à New York, New York, autre grand -et long- hommage à l’age d’or d’Hollywood (côté comédies musicales), et qui, en son temps avait subi un échec cuisant alors qu’il s’agit d’un chef d’œuvre inoubliable pour tous ceux qui l’on vu, et, malheureusement, ils sont rares. Cela me fait d’ailleurs penser que NY NY est le dernier film de Scorsese à n’avoir pas encore été édité en DVD encore aujourd’hui (début 2005). Quarantaine ???

LP

Aviator

Autour du film

Le film est à l'origine un projet ammené par Leonardo diCaprio qui révait d'incarner ce personnage fascinant. Il a coproduit le film via sa société de production Appian Way.
Au départ, c'est Michael Mann qui devait mettre en scène la vie d'Howard Hugues. Mais ayant réalisé coup sur coup deux biographies Révélations et Ali, il s'est dit que c'était bon comme ça, a préféré réaliser un film moyen Collateral, produire The Aviator, et en confier la réalisation à Martin Scorsese. Merci qui ? Merci Mister Mann.
Beaucoup de rumeurs ont jalonnées la préparation du film sur qui interpreterait les rôles principaux. Parmi les noms qui ont circulé : Jim Carrey, Nicole Kidman, ou encore Gwyneth Paltrow.
Au jeu du "qui est qui" voilà un élément de réponse (gardez la souris sur la photo pour afficher le personnage interprété):

Leonardo DiCaprio / Howard Hughes
Leonardo DiCaprio est
Howard Hughes

Cate Blanchett / Katharine Hepburn
Cate Blanchett est
Katharine Hepburn

Gwen Stefani / Jean Harlow
Gwen Stefani est
Jean Harlow

Jude Law / Errol Flynn
Jude Law est
Errol Flynn

Kate Beckinsale / Ava Gardner
Kate Beckinsale est
Ava Gardner

AviatorLa voix du projectionniste qu'on entend lors de la séance de Hell's angels est celle de Martin Scorsese lui-même. Au risque de me répéter (voir les autres films), il apparait habituellement physiquement dans quasi tous ces films mais ici, variation, il ne s'agit que de la voix (pour amateurs de VO of course). Recemment il a utilisé ce même procédé dans A tombeau ouvert, ou il interprétait la voix d'un des deux répartiteurs (celui qui décide d'envoyer telle ou telle ambulance sur les lieux d'un accident).
Deux autres acteurs ont déjà incarné Howard Hugues à l'écran : Tommy Lee Jones ("The Amazing Howard Hughes") et Jason Robards ("Melvin and Howard").
Scorsese a demandé à Cate Blanchett de visionner 15 films avec Katharine Hepburn pour qu'elle possède la même gestuelle. De plus, elle a du apprendre à jouer au golf et au tennis, et a pris l'habitude de prendre des douches froides comme le faisait à l'époque son illustre modèle.
Pour la séquence de l'avant-première de Hell's angels, l'entrée du Chinese Theatre, mythique salle de cinéma de Los Angeles, a été reconstituée en studio, mais les intérieurs ont été tournés dans l'enceinte même de la salle. Clin d'oeil appuyé, l'avant-première du film, le 1er décembre 2004, s'est tenue dans l'actuel Chinese Theatre.
Scorsese reste marqué par The Blues, puisqu'à la toute fin du générique, Scorsese nous fait découvrir une vieille chanson de Leadbelly "Howard Hugues". Ce titre semble tout droit sorti de sa récente série documentaire.