L'histoire complète :

Le Tibet. En 1933, le 13ème dalaï-lama (le chef spirituel et souverain du pays) meurt. Quatre ans plus tard, un jeune lama est en quête du nouveau Bouddha réincarné.
Dans un petit village, le petit Lhamo vit avec sa famille. Ses parents se remémorent sa naissance pleine de symboles troublants. Des étrangers en route pour Lhassa, capitale du Tibet, s'arrêtent chez eux. L'un d'eux repère le jeune Lhamo. Plus tard, les hommes reviennent et font suivre à Lhamo une série de tests et reconnaissent en lui le nouveau dalaï-lama, appelé aussi Kundun.
Deux ans plus tard, Lhamo quitte son village avec sa famille pour se rendre à Lhassa. Il rencontre Reting Rimpotche, régent du Tibet, qui a eu les visions qui ont mené à la découverte du garçon. Lors d'une somptueuse cérémonie, il est présenté aux prêtres comme 14ème dalaï-lama (le Bouddha de Compassion). Il emménage au palais de Lhassa tandis que ses parents habiteront en ville. Quelques mécontents provoquent le départ du régent Reting hors de Lhassa. La régence échoue au grand chambellan Tathag qui sera chargé de l'apprentissage du jeune souverain jusqu'à ses 18 ans, l'âge auquel il devra prendre officiellement le pouvoir du pays. Le dalaï-lama démontre de grandes qualités, et s'intéresse à des tas de choses, notamment aux affaires qui secouent le monde occidental (nous sommes en plein seconde guerre mondiale). L'oracle (un homme en état de transe qui possède le don de visionnaire) prévoit de nombreuses turbulences au Tibet. Le dalaï-lama souhaite se rapprocher des pays occidentaux, mais ceux-ci s'en désintéressent totalement. Tour à tour, le dalaï-lama est frappé par le deuil de son père et de son ancien régent Reting.

Kundun

1949 : Après avoir proclamé la république populaire de Chine, le président Mao Tse-Toung veut prendre possession du Tibet. Peu de temps après, les troupes chinoises envahissent le pays. Le 17 novembre 1950, dans l'urgence et avant l'âge prévu de ses 18 ans, le dalaï-lama devient officiellement souverain du Tibet. Il appelle l'Occident à l'aide, mais ses appels restent sans réponses et ses émissaires renvoyés. Il refuse de signer tout accord de capitulation de son pays. Au Tibet, la propagande chinoise est de plus en plus contraignante. Le dalaï-lama se résout à aller à Pékin pour y rencontrer Mao. Lors de leur premier face-à-face le président chinois se montre fort courtois et tente un exercice de séduction qui semble fonctionner, le dalaï-lama trouvant quelques points communs entre le communisme et le bouddhisme. Mais lors de leur seconde rencontre, le ton est tout autre. Mao ridiculise son jeune hôte ainsi que son peuple : "La religion est l'opium du peuple". Abattu, le dalaï-lama retourne à Lhassa. Il découvre un pays ensanglanté par les multiples oppressions et les assassinats. L'invasion chinoise tourne radicalement à un odieux génocide. Craignant pour la vie de leur souverain, le peuple supplie le dalaï-lama de s'enfuir hors du Tibet. D'abord réticent, il fait appel à l'oracle qui le convainc de s'exiler. Déguisé en soldat chinois, la troupe qui escorte le souverain fait route vers l'Inde. Au bout de quatorze jours d'un épuisant voyage, ils arrivent enfin au poste frontière. Nous sommes en 1959. Ici commence l'exil du 14ème dalaï-lama qui dure encore aujourd'hui. Réfugié dans un temple en Inde, il souhaite toujours retourner un jour dans son pays d'origine.